Le genu valgum, aussi appelé genou cagneux, correspond à un alignement des jambes où les genoux ont tendance à rentrer vers l’intérieur alors que les chevilles s’écartent. Si tu es dans cette situation, l’important est de distinguer le valgum physiologique de l’enfant, souvent normal entre 2 et 5 ans, d’un valgum pathologique qui persiste, s’aggrave ou s’accompagne de douleur, de gêne à la marche ou d’une asymétrie marquée. Dans la pratique, le traitement dépend surtout de l’âge, de la cause et de la sévérité : simple surveillance, exercices ciblés, semelles, prise en charge de la surcharge pondérale, puis parfois chirurgie si la déformation est importante.
L’essentiel a retenir : le genu valgum est souvent normal chez le jeune enfant, mais il doit être surveillé s’il persiste, s’aggrave ou devient douloureux.
- Entre 2 et 5 ans, un valgum léger peut être physiologique.
- Une persistance après 7-8 ans mérite un avis médical.
- La douleur, l’asymétrie ou la gêne à la marche sont des signaux d’alerte.
- Les causes fréquentes sont musculaires, posturales ou liées à la cheville et au pied.
- Le diagnostic repose surtout sur l’examen clinique et la mesure de l’écart entre les chevilles.
- Le traitement associe souvent exercices, correction de l’appui et parfois chirurgie.
- Le surpoids peut aggraver les contraintes sur le genou.
Complications et conséquences
Dans la majorité des cas chez l’enfant, le genu valgum ne provoque pas de douleur immédiate. C’est justement ce qui trompe souvent les parents : la déformation peut sembler bénigne au départ, puis devenir plus gênante avec la croissance ou à l’âge adulte. Concrètement, si l’axe du membre inférieur reste trop en valgus, la répartition des charges sur le genou devient moins équilibrée.
Avec le temps, cela peut favoriser une usure du cartilage et du ménisque externe, surtout chez l’adulte et la personne âgée. Ce que cela change pour toi, c’est qu’un valgum persistant n’est pas seulement une question d’esthétique : il peut aussi augmenter le risque d’arthrose fémoro-tibiale externe, de douleur à la marche, de fatigue musculaire et de baisse de stabilité.
On constate aussi, sur le terrain, que certaines personnes compensent mal la déformation. Elles marchent avec une démarche moins fluide, fatiguent plus vite en station debout et peuvent développer des douleurs diffuses au genou, à la hanche ou au pied.
Pourquoi le genu valgum se produit-il ? Quelles sont les causes du genu valgum ?
Le genu valgum ne vient pas d’une seule cause. Dans les faits, il résulte souvent d’un déséquilibre entre la force musculaire, la mobilité articulaire et la morphologie osseuse. C’est pour cela qu’un même problème peut avoir des origines différentes selon l’âge, l’activité physique et la constitution de la personne.
- Manque de force dans le bassin
La faiblesse des fessiers, en particulier du moyen fessier et des rotateurs externes de hanche, perturbe la stabilité du fémur. Résultat : la hanche part vers l’intérieur, le fémur tourne en dedans et le genou suit ce mouvement. En pratique, si les muscles qui stabilisent le bassin ne font pas bien leur travail, le genou se retrouve “tiré” vers un valgus dynamique.
- Raideur aux chevilles
Quand la cheville manque de dorsiflexion, le corps compense ailleurs pour marcher et s’accroupir. Cette compensation passe souvent par une pronation du pied, une rotation interne de la jambe et une adduction de hanche. Concrètement, si ta cheville ne bouge pas assez, ton alignement global se dégrade et le genou encaisse davantage de contraintes en valgus.
- Faiblesse du vaste médial
Le vaste médial, aussi appelé vaste interne, aide à stabiliser la rotule et à contrôler l’axe du genou. S’il est insuffisamment performant, la rotule peut s’orienter vers l’extérieur et le genou perdre en contrôle dans l’axe. Dans la pratique, cela favorise un valgus fonctionnel, surtout lors de la course, des montées d’escaliers ou des changements de direction.
- Faiblesse des ischio-jambiers
Les ischio-jambiers participent à la stabilité postérieure du genou. Lorsqu’ils sont faibles, le membre inférieur contrôle moins bien les mouvements de rotation et les contraintes mécaniques augmentent. En réalité, le valgum se construit souvent sur une combinaison de facteurs, et pas uniquement sur une faiblesse isolée.
Est-ce qu’il y a d’autres facteurs qui favorisent le genu valgum ?
Oui, et c’est important de les connaître parce qu’ils expliquent pourquoi certaines personnes y sont plus exposées que d’autres. L’anatomie et la laxité ligamentaire jouent un rôle réel, surtout quand plusieurs éléments s’additionnent.
- Largeur du bassin ;
- Angulation de l’acétabulum ;
- Forme du fémur ;
- Structure du genou ;
- Conformation du tibia ;
- Forme de la cheville ;
- Dimensions du pied ;
- Laxité des ligaments.
Dans la pratique, cela signifie que deux personnes avec le même niveau d’activité physique peuvent avoir des trajectoires très différentes. L’une compensera facilement, l’autre développera plus vite une douleur ou une déviation visible. C’est aussi pour cela qu’une approche “standard” ne suffit pas toujours : il faut regarder l’ensemble de la chaîne hanche-genou-cheville-pied.
Certains profils sont aussi plus exposés, notamment en cas de surpoids, de croissance rapide ou de pratique sportive avec contraintes répétées sur les genoux. Le football, par exemple, peut révéler ou majorer un valgum dynamique chez des personnes déjà prédisposées.
Symptômes du genu valgum
Le genu valgum est souvent silencieux pendant longtemps. C’est fréquent chez l’enfant et même chez l’adulte au début. Mais si tu rencontres ce problème, tu peux observer plusieurs signes concrets : genoux qui se touchent ou se rapprochent, chevilles qui restent écartées, sensation d’axe “qui rentre”, ou fatigue à la marche.
À long terme, certaines personnes ressentent une douleur sur la partie interne du genou, une baisse de stabilité ou une gêne lors des activités sportives. En cas de valgum unilatéral, la compensation est parfois visible au niveau du tronc : le dos se balance légèrement d’un côté à l’autre pour rééquilibrer l’appui.
Ce que cela implique, c’est qu’un genu valgum ne se résume pas à l’apparence des jambes. Il peut modifier la posture globale, la qualité de la marche et, dans certains cas, la confiance dans les appuis.
Diagnostic du genu valgum
Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique. Le professionnel observe l’alignement des membres inférieurs, la marche, la position des rotules, l’appui du pied et la symétrie entre les deux côtés. Dans la pratique, la mesure la plus utilisée ici est la distance intermalléolaire, c’est-à-dire l’écart entre les chevilles lorsque les genoux sont joints.
Voici les repères donnés dans le texte source :
- 1° degré (physiologique) jusqu’à 2,5 cm ;
- 2° degré (léger) entre 2,5 et 5 cm ;
- 3° degré (modéré) entre 5 et 7,5 cm ;
- 4° degré (grave) plus de 7,5 cm.
Concrètement, plus l’écart est important, plus la vigilance doit être forte, surtout si la déformation est asymétrique, douloureuse ou persistante. Chez l’enfant, l’enjeu est de savoir si l’évolution est compatible avec une croissance normale ou si l’on s’oriente vers un valgum pathologique. Chez l’adulte, il faut aussi évaluer l’impact fonctionnel et le risque d’usure articulaire.
Que faire ? comment peut-on soigner le genu valgum ?
Le traitement dépend de la cause et de la sévérité. Dans les cas légers ou fonctionnels, on privilégie d’abord les solutions conservatrices. C’est souvent là que tu peux agir le plus efficacement, surtout si le valgum est lié à une faiblesse musculaire, à une raideur de cheville ou à une mauvaise répartition des appuis.
Les exercices correctifs
Les exercices peuvent aider à renforcer les muscles utiles au contrôle de l’axe du membre inférieur. Ils ne “redressent” pas miraculeusement une déformation osseuse, mais ils améliorent souvent la stabilité, la coordination et le contrôle du genou. En pratique, ils sont surtout intéressants quand le valgum est modéré, dynamique ou associé à un déficit de force.
1° Exercice
Le patient est allongé sur le côté du genou touché. On plie le genou sain à angle droit et on appuie le pied devant le genu valgum, puis on étend la jambe qui se trouve au-dessous, le pied doit être à angle droit. Ensuite on soulève la jambe en contact avec le sol, toujours en la tenant étendue. On ressent la fatigue dans la partie intérieure de la cuisse. Faire 10-12 répétitions et changer la jambe.
2° Exercice
Faire l’adduction des jambes assis sur une chaise avec une balle. On met la balle entre les genoux et on la serre. Effectuer 10 répétitions.
3° Exercice
L’exercice commence avec le patient couché sur le dos. On soulève les deux jambes avec les genoux unis et étendus. Quand les jambes forment un angle droit avec le dos, on doit les ouvrir et les refermer. Faire 10-12 répétitions et se reposer 30-40 secondes. Répéter cet exercice 3 fois.
4° Exercice
Cet exercice est similaire au précédent. Le patient est couché sur le dos, puis il soulève une jambe. On conseille de plier l’autre pour ne pas fatiguer le dos. Avec la jambe soulevée, on fait 5-8 cercles dans le sens horaire et 5-8 cercles dans le sens antihoraire. Appuyer la jambe et faire le même exercice avec l’autre membre inférieur.
Ce qu’il faut éviter
Éviter les exercices pour le renforcement des muscles externes de la cuisse peut être recommandé dans certains contextes de valgum, surtout si cela accentue le déséquilibre déjà présent. L’idée n’est pas d’interdire tout travail musculaire, mais de choisir les exercices en fonction du bilan réel. C’est précisément là qu’un avis de kinésithérapeute ou d’orthopédiste fait la différence.
Sports, semelles et genouillère
Parmi les sports permis, on retrouve généralement le vélo et la natation à intensité modérée. Ce sont des activités intéressantes parce qu’elles sollicitent le genou sans impact trop violent. En cas de valgisme grave, la course à pied est souvent déconseillée, car elle augmente les contraintes mécaniques sur l’articulation.
L’orthopédiste conseille parfois une genouillère rigide pour maintenir l’articulation dans l’axe. Dans les faits, elle peut aider ponctuellement, mais elle est souvent mal tolérée sur la durée. Le médecin peut aussi proposer une semelle orthopédique si le problème d’appui du pied participe à la mauvaise mécanique du genou.
L’ostéopathie peut parfois compléter la prise en charge, surtout si des contractures ou des raideurs entretiennent la mauvaise posture. Cela peut améliorer le confort, mais il faut rester lucide : si la déformation est osseuse ou marquée, le traitement manuel seul ne suffit pas.
Intervention chirurgicale
La chirurgie n’est pas le premier réflexe. Elle est envisagée lorsque la déformation est importante, persistante ou mal tolérée, et quand les solutions conservatrices ne suffisent plus. Dans le texte source, l’indication évoquée est un valgisme supérieur à 8°.
Ostéotomie
L’ostéotomie vise à réaligner le membre inférieur en corrigeant l’axe osseux. L’ostéotomie proximale du tibia est une solution classique dans certains valgus du genou. Le chirurgien retire ou ouvre un coin osseux afin de réorienter la jambe et de mieux répartir les charges.
Dans la pratique, cette technique a plusieurs objectifs : corriger l’alignement, diminuer les douleurs, préserver l’articulation et retarder l’évolution vers l’arthrose. Elle peut aussi être intéressante chez des patients encore jeunes, car elle conserve mieux l’anatomie que certaines solutions plus lourdes.
Le texte source mentionne aussi l’utilisation de plaques de fixation, d’une autogreffe ou d’un greffon synthétique pour combler l’espace créé. Ce que cela change pour toi, c’est que la consolidation osseuse et la stabilité de la correction sont au cœur du succès opératoire.
Technique HTVO
La technique HTVO est une forme d’ostéotomie du tibia proximal. Elle se réalise avec une planification précise, souvent complétée par une arthroscopie pour contrôler l’état du cartilage et des ménisques. Le chirurgien suit un trajet de coupe sécurisé à l’aide d’un fil-guide afin d’éviter une fracture articulaire ou une correction imprécise.
Concrètement, cette intervention cherche à réaligner le genou tout en protégeant les structures voisines, notamment le nerf péroné et l’articulation fémoro-patellaire. C’est une chirurgie technique, réservée à des indications bien posées et à des patients suivis par une équipe spécialisée.
Récupération postopératoire
La récupération postopératoire varie selon la technique utilisée, l’état du genou et la vitesse de consolidation. Le texte source indique une hospitalisation courte, de 2 à 5 jours en orthopédie, avec une reprise précoce de la rééducation. En pratique, l’objectif est de limiter la raideur tout en protégeant la correction osseuse.
La fixation interne permet souvent de démarrer rapidement la kinésithérapie. Le kinésithérapeute mobilise le membre inférieur dès le lendemain de l’opération, d’abord de manière passive puis active. L’attelle peut être retirée tôt, selon l’avis chirurgical, afin de récupérer progressivement l’extension du genou.
Rééducation : ce qu’il faut retenir
Au début, la rééducation est prudente. Ensuite, elle devient plus active à mesure que la douleur diminue et que la consolidation progresse. Les exercices de renforcement comme le leg-extension, le leg-press et le leg-curl peuvent être intégrés plus tard, mais pas trop tôt.
Il est important de ne pas charger le membre opéré avant autorisation médicale. Dans la pratique, l’appui avec poids et la marche sans béquilles ne se font que lorsque la radiographie de contrôle et l’examen clinique sont rassurants. Le texte source mentionne une marche sans béquilles vers la fin du troisième mois, ce qui donne un ordre d’idée, mais le rythme exact dépend toujours du dossier.
Une bonne rééducation ne sert pas seulement à “remuscler”. Elle améliore aussi la coordination, la mobilité, l’endurance et la qualité du geste. C’est ce qui permet de retrouver un appui plus stable et de réduire le risque de compensation.
Erreurs fréquentes à éviter
Beaucoup de personnes attendent trop longtemps avant de demander un avis, en pensant que “ça va passer tout seul”. C’est parfois vrai chez le jeune enfant, mais pas toujours. Si la déformation s’aggrave, devient asymétrique ou s’accompagne de douleur, il ne faut pas banaliser.
Autre erreur classique : vouloir corriger le problème uniquement avec un exercice pris au hasard sur internet. Sans bilan, on peut renforcer les mauvais muscles ou négliger la vraie cause, par exemple une raideur de cheville ou un problème d’appui plantaire.
Enfin, il ne faut pas confondre valgum physiologique et valgum pathologique. Chez l’enfant, certains alignements sont normaux à un âge donné. Mais si tu hésites encore, le plus utile reste un examen clinique, car c’est lui qui permet de savoir si la situation relève de la croissance normale ou d’un trouble à surveiller.
Quand consulter ?
Tu devrais demander un avis médical si le genu valgum persiste au-delà de l’âge attendu, s’il est très marqué, s’il touche un seul genou, s’il s’accompagne de douleur ou s’il gêne la marche. C’est aussi le cas si l’enfant chute souvent, fatigue vite ou présente une démarche inhabituelle.
Chez l’adulte, une consultation est utile si la douleur augmente, si le genou devient instable ou si tu remarques une usure progressive de tes chaussures du même côté. Dans la pratique, plus le bilan est précoce, plus les solutions sont simples et efficaces.
FAQ
Qu’est-ce que le genu valgum ?
Le genu valgum est une déviation des jambes où les genoux rentrent vers l’intérieur et les chevilles s’écartent. On l’appelle aussi genou cagneux. Chez l’enfant, il peut être physiologique à certains âges, mais il devient préoccupant s’il persiste ou s’aggrave.
Pourquoi le genu valgum se produit-il ? Quelles sont les causes du genu valgum ?
Le genu valgum se produit souvent à cause d’un déséquilibre entre la force musculaire, la mobilité de la cheville et la morphologie osseuse. Les causes les plus fréquentes sont la faiblesse des fessiers, la raideur de cheville, la faiblesse du vaste médial et celle des ischio-jambiers. Dans la pratique, plusieurs facteurs sont souvent associés.
Est-ce qu’il y a d’autres facteurs qui favorisent le genu valgum ?
Oui, l’anatomie et la laxité ligamentaire peuvent favoriser le genu valgum. La largeur du bassin, la forme du fémur, du tibia, de la cheville et du pied jouent aussi un rôle. Le surpoids peut également aggraver les contraintes sur le genou.
Symptômes du genu valgum
Le genu valgum est souvent silencieux au début, mais il peut ensuite provoquer une douleur du genou, une baisse de stabilité et une gêne à la marche. En cas de forme unilatérale, la posture peut devenir asymétrique. Le signe le plus visible reste l’écart entre les chevilles quand les genoux sont joints.
Diagnostic du genu valgum
Le diagnostic du genu valgum repose sur l’examen clinique et sur la mesure de la distance intermalléolaire. Cette distance aide à estimer la sévérité de la déformation. Le médecin observe aussi l’alignement global des jambes, la marche et la symétrie entre les deux côtés.
Que faire ? comment peut-on soigner le genu valgum ?
Le traitement dépend de la cause et de la gravité du valgum. Il peut inclure des exercices correctifs, une rééducation, des semelles, une genouillère ou, dans certains cas, une chirurgie. En pratique, il faut surtout adapter la prise en charge au profil de la personne.
Intervention chirurgicale
La chirurgie est envisagée quand le valgisme est important ou mal toléré. L’ostéotomie permet de réaligner le genou en corrigeant l’axe osseux. Elle est réservée à des indications précises et nécessite une prise en charge orthopédique spécialisée.
Récupération postopératoire
La récupération postopératoire comprend une hospitalisation courte, puis une rééducation progressive. La mobilisation commence tôt pour éviter la raideur, mais l’appui et le renforcement se font selon l’avis du chirurgien. Le retour à la marche sans béquilles peut prendre plusieurs semaines à plusieurs mois.


Julie Bernard est une rédactrice expérimentée passionnée par les thématiques de la santé et du bien-être. Avec plusieurs années de pratique dans la création de contenu, elle s’engage à fournir des informations accessibles, fiables et basées sur des études scientifiques pour aider ses lecteurs à faire des choix éclairés. Julie explore des sujets variés, allant de la prévention des maladies et de la nutrition à la santé mentale et aux nouvelles avancées médicales. Elle croit en une approche éducative pour accompagner chacun dans l’amélioration de sa qualité de vie. Lorsqu’elle n’écrit pas, Julie participe à des conférences et webinaires sur les innovations en santé et bien-être. Sa mission : rendre la santé compréhensible et accessible à tous, avec une attention particulière aux conseils pratiques.