Entorse du genou : symptômes, diagnostic, traitement et temps de récupération
Une entorse du genou arrive quand un ligament est trop étiré, avec des fibres qui se déchirent partiellement ou complètement. Si tu es dans cette situation, tu te demandes sûrement si c’est “juste une petite entorse” ou quelque chose de plus sérieux. La réponse dépend surtout de la stabilité du genou, de la douleur, du gonflement et du ligament touché.
Concrètement, le genou repose sur quatre ligaments principaux : le ligament croisé antérieur (LCA), le ligament croisé postérieur (LCP), le ligament collatéral médial (LCM) et le ligament collatéral latéral (LCL). Leur rôle est simple : empêcher les mouvements excessifs et maintenir l’articulation stable pendant la marche, la course, les changements d’appui ou les pivots. Quand l’un d’eux est blessé, le genou peut devenir douloureux, gonflé et parfois instable.
L’essentiel a retenir : une entorse du genou correspond à un étirement ou une déchirure d’un ligament. Le traitement dépend surtout de la gravité, de la stabilité du genou et de la présence ou non d’une rupture complète.
- Une entorse légère guérit souvent avec repos, glace et rééducation.
- Un genou qui “lâche” peut signaler une lésion plus grave.
- La douleur interne évoque souvent le LCM, la douleur externe le LCL.
- Le gonflement rapide après le traumatisme doit faire consulter.
- Les examens utiles sont l’examen clinique, parfois la radio et l’IRM.
- La chirurgie n’est pas systématique, mais peut être nécessaire en cas de rupture ou d’instabilité persistante.
Entorse du genou : ce que cela signifie vraiment
Une entorse du genou n’est pas forcément une rupture complète. Dans la pratique, on parle d’entorse dès qu’un ligament a été étiré au-delà de sa capacité normale, avec une atteinte plus ou moins importante des fibres. C’est précisément ce qui explique pourquoi deux personnes peuvent avoir “une entorse du genou” mais pas du tout le même niveau de gêne.
On distingue généralement trois grades :
- Grade 1 : étirement ou micro-déchirures de quelques fibres, avec ligament globalement intact.
- Grade 2 : déchirure partielle, avec douleur plus marquée et stabilité parfois diminuée.
- Grade 3 : rupture complète du ligament, souvent associée à une vraie sensation d’instabilité.
Ce que cela change pour toi, c’est surtout la suite : une entorse de grade 1 se traite souvent sans chirurgie, alors qu’une rupture complète peut nécessiter un avis spécialisé plus poussé, surtout si le genou continue à céder malgré la rééducation.
Les 4 ligaments du genou et leur rôle
Pour comprendre les symptômes, il faut savoir quel ligament peut être touché. Le genou est stabilisé par quatre grands ligaments, chacun ayant une fonction bien précise.
Le ligament croisé antérieur (LCA)
Le LCA empêche le tibia d’avancer excessivement par rapport au fémur. Il est souvent concerné lors des pivots, des changements de direction brutaux ou des réceptions de saut mal contrôlées. En pratique, une blessure du LCA donne souvent une impression d’instabilité, parfois avec un “crack” au moment du traumatisme.
Le ligament croisé postérieur (LCP)
Le LCP limite le déplacement du tibia vers l’arrière. Il est moins souvent blessé que le LCA, mais il peut l’être lors d’un choc direct sur l’avant du genou, surtout si le genou est fléchi.
Le ligament collatéral médial (LCM)
Le LCM protège la face interne du genou. Quand tu as mal à l’intérieur du genou après un choc latéral ou une torsion, c’est souvent lui qui est en cause.
Le ligament collatéral latéral (LCL)
Le LCL stabilise le côté externe du genou. Une douleur externe après traumatisme fait penser à cette structure, même si d’autres lésions peuvent coexister.
Causes d’une entorse du genou
Dans la majorité des cas, l’entorse survient quand le genou subit une torsion ou une force anormale. Le problème n’est pas seulement l’impact : c’est surtout la combinaison entre appui au sol, rotation et déséquilibre qui met le ligament en tension.
- torsion forcée du genou
- changement de direction rapide en course
- ski avec pivot ou chute
- atterrissage maladroit après un saut
- choc sur la face interne ou externe du genou
- traumatisme sur un genou fléchi avec pied bloqué au sol
Concrètement, si ton pied reste “planté” pendant que le haut du corps tourne, le genou encaisse une contrainte importante. C’est une situation classique dans le football, le basket, le volley ou le ski.
Facteurs de risque
Certains contextes rendent l’entorse plus probable. Ce n’est pas une fatalité, mais il faut les connaître si tu veux limiter le risque de récidive ou mieux comprendre pourquoi la blessure est survenue.
- sports avec pivots et contacts : football, basket, volley, ski
- mauvaise coordination
- équilibre insuffisant
- manque de force musculaire
- souplesse insuffisante
- laxité ligamentaire
Dans les faits, un genou moins bien contrôlé par les muscles travaille davantage “sur les ligaments”. C’est pour cela que la rééducation ne sert pas seulement à calmer la douleur : elle réduit aussi le risque de rechute.
Signes et symptômes d’une entorse du genou
Les symptômes varient selon le ligament touché et le degré de gravité. Mais il existe des signes qui reviennent souvent et qui doivent te mettre en alerte.
- douleur au genou
- gonflement plus ou moins rapide
- rougeur, chaleur ou bleu autour de l’articulation
- hématome ou épanchement
- amplitude de mouvement réduite
- difficulté à tendre ou plier complètement le genou
- sensation que le genou “lâche” ou cède
- bruit de craquement au moment du traumatisme
Ce qu’il faut retenir, c’est que la douleur seule ne suffit pas à juger la gravité. Un genou très douloureux mais stable n’évoque pas la même situation qu’un genou qui se dérobe à la marche. Si tu ne peux pas prendre appui normalement, il faut consulter rapidement.
Les symptômes peuvent apparaître immédiatement, mais parfois ils s’installent dans les heures ou les jours qui suivent. C’est fréquent, notamment quand l’inflammation progresse après le choc initial.
Diagnostic : comment savoir quel ligament est touché ?
Le diagnostic repose d’abord sur l’interrogatoire et l’examen clinique. Le médecin cherche à comprendre le mécanisme du traumatisme : torsion, chute, choc direct, réception de saut, ou mouvement sportif brusque. Cette étape est essentielle, car elle donne déjà une orientation très utile.
Ensuite, il examine la stabilité du genou et localise la douleur. En pratique :
- une douleur sur la face interne évoque souvent le LCM
- une douleur sur la face externe évoque souvent le LCL
- une sensation d’instabilité avec pivot peut faire penser au LCA
- un choc antérieur avec genou fléchi peut orienter vers le LCP
Il faut aussi garder en tête qu’une entorse peut s’accompagner d’une atteinte du ménisque. C’est notamment le cas quand il y a un craquement, un blocage, ou des douleurs à certains mouvements de rotation.
Les tests qui sont effectués
Plusieurs tests cliniques permettent d’orienter le diagnostic. Ils sont réalisés par un professionnel de santé, car leur interprétation dépend de l’expérience, de la douleur, de la détente musculaire et de la comparaison avec le genou sain.
Test du tiroir antérieur
Ce test évalue le ligament croisé antérieur. Le genou est fléchi à 90 degrés, le pied est stabilisé, puis l’examinateur tire le tibia vers l’avant. Si le tibia avance trop par rapport à la normale, le test est considéré comme positif. Dans la pratique, cela évoque une lésion du LCA.
Test du tiroir postérieur
Ce test sert à évaluer le ligament croisé postérieur. Le genou est fléchi à 90 degrés, le pied est bloqué, puis l’examinateur pousse le tibia de façon contrôlée. Si le tibia recule plus que prévu, cela suggère une atteinte du LCP.
Test de stress en valgus
Ce test évalue le ligament collatéral médial. Le genou est légèrement fléchi, puis une contrainte est appliquée vers l’intérieur. Si l’ouverture du compartiment interne est anormale, cela oriente vers une lésion du LCM.
Test de McMurray
Ce test est utilisé pour rechercher une lésion du ménisque. Le médecin plie puis étend le genou tout en effectuant une rotation. Si un clic-clac apparaît, cela peut traduire une atteinte méniscale. Ce n’est pas un test isolé qui suffit à lui seul, mais il apporte un indice important.
Examens instrumentaux
Quand l’examen clinique ne suffit pas, ou quand on suspecte une lésion plus sérieuse, des examens complémentaires peuvent être demandés. Le choix dépend de ce que le médecin cherche à vérifier.
- Radiographie : utile surtout pour éliminer une fracture ou un arrachement osseux.
- Échographie : intérêt limité pour les ligaments profonds, mais peut aider dans certains cas précis.
- IRM : examen de référence pour visualiser les ligaments, les ménisques et les lésions associées.
- Arthroscopie : examen invasif, très fiable, utilisé surtout quand un geste thérapeutique est envisagé.
En pratique, l’IRM est souvent l’examen le plus utile quand on veut savoir si le ligament est simplement distendu, partiellement rompu ou complètement déchiré. La radio, elle, ne “voit” pas les ligaments, mais elle reste importante si le traumatisme a été violent.
Que faut-il faire ? Le traitement
Le traitement dépend de la gravité de l’entorse, mais aussi de ton niveau d’activité et de la stabilité du genou. L’objectif est toujours le même : calmer la douleur, limiter le gonflement, récupérer la mobilité, puis reconstruire la stabilité.
1) Le protocole GREC
Dans les deux premiers jours, le protocole GREC est généralement recommandé : glace, repos, élévation, compression-contention et protection. Concrètement, cela aide à contrôler l’inflammation et à diminuer la douleur.
- Glace : par périodes courtes, plusieurs fois par jour, sans contact direct avec la peau.
- Repos relatif : il faut éviter les mouvements qui aggravent la douleur, pas forcément immobiliser totalement.
- Élévation : surélever la jambe aide à limiter l’œdème.
- Compression : bandage ou contention pour réduire le gonflement.
- Protection : éviter les appuis et les gestes à risque au début.
Pour la douleur, un professionnel peut conseiller des anti-inflammatoires ou un traitement local selon ton contexte médical. Attention toutefois : l’automédication n’est pas anodine, surtout si tu as des antécédents digestifs, rénaux ou cardiovasculaires. Si tu hésites, demande un avis médical.
2) Kinésithérapie et rééducation
La rééducation est souvent l’étape qui fait la vraie différence sur le long terme. Dès que la phase aiguë le permet, il faut récupérer la mobilité, la force et le contrôle du genou. C’est ce qui évite le cercle vicieux : douleur, raideur, faiblesse, puis nouvelle instabilité.
En pratique, un kinésithérapeute adapte les exercices à ton cas : travail de mobilité, renforcement du quadriceps et des ischio-jambiers, proprioception, reprise progressive de l’appui, puis retour au sport. Si tu as du mal à marcher, la rééducation en piscine peut être très utile parce qu’elle soulage l’articulation tout en permettant de bouger.
Les techniques comme la magnétothérapie, les ultrasons, le laser ou la técarthérapie peuvent être proposées selon les cabinets. Elles peuvent aider sur la douleur ou l’inconfort, mais elles ne remplacent pas le travail actif de rééducation, qui reste central.
3) Attelle et soutien du genou
Le médecin peut recommander une attelle ou une genouillère pour réduire la douleur et améliorer la stabilité. Une genouillère simple suffit parfois, notamment pour une entorse légère. Dans d’autres cas, un modèle plus technique peut être utile pour sécuriser les déplacements.
Ce que cela change pour toi, c’est surtout la confiance à la marche. Une bonne contention peut t’aider à reprendre certains gestes en limitant l’appréhension, mais elle ne doit pas remplacer la rééducation ni pousser à reprendre trop vite.
4) Quand la chirurgie devient nécessaire
La chirurgie n’est pas systématique. Elle est surtout discutée si le genou reste instable, si le ligament est complètement rompu dans un contexte incompatible avec une simple prise en charge fonctionnelle, ou si des lésions associées compliquent la situation.
Dans la pratique, un genou qui continue à céder malgré un programme sérieux de rééducation mérite un avis spécialisé. C’est particulièrement vrai chez les sportifs, ou quand il existe une atteinte associée du ménisque ou d’autres structures.
Temps de récupération et pronostic
Le temps de récupération varie beaucoup selon le grade de l’entorse, le ligament concerné et la présence d’une lésion associée. On ne récupère pas de la même façon d’un simple étirement ligamentaire et d’une rupture complète avec instabilité.
Dans une entorse de grade 1, la douleur peut diminuer en 7 à 10 jours environ, mais le gonflement peut durer plus longtemps. Dans certains cas, l’épanchement reste quelques semaines. Cela ne veut pas forcément dire que tout est grave, mais cela impose de respecter les étapes de reprise.
En pratique, tu peux souvent marcher, mais sans forcer. Le piège classique, c’est de reprendre trop tôt parce que la douleur baisse vite. Sur le terrain, on constate souvent que cette reprise précoce prolonge les symptômes et augmente le risque de récidive.
Le bon réflexe est simple : reprendre progressivement, sans douleur importante, avec une stabilité correcte et une vraie récupération fonctionnelle. Si le genou gonfle à nouveau, si la douleur augmente ou si tu sens qu’il “lâche”, il faut revoir le professionnel de santé.
Erreurs fréquentes à éviter
Si tu rencontres ce problème, voici les erreurs les plus courantes qui retardent la guérison :
- reprendre le sport dès que la douleur baisse
- négliger le gonflement en pensant que “ça va passer”
- utiliser une attelle sans rééducation derrière
- forcer les mouvements de flexion ou d’extension en phase aiguë
- ignorer une sensation d’instabilité
- confondre entorse légère et rupture complète
Le vrai risque, ce n’est pas seulement la douleur immédiate. C’est surtout la récidive, la perte de confiance dans le genou et, parfois, l’installation d’une instabilité chronique.
Quand consulter rapidement ?
Il faut demander un avis médical sans trop attendre si tu as l’un de ces signes :
- impossibilité de prendre appui
- gonflement important et rapide
- genou qui se dérobe
- blocage articulaire
- douleur intense après un traumatisme
- suspicion de fracture ou de lésion méniscale
Dans ton cas, consulter tôt permet souvent de mieux orienter le traitement et d’éviter de passer à côté d’une lésion plus importante. C’est particulièrement vrai si la blessure est survenue pendant un sport de pivot ou après un choc violent.
FAQ
Les enfants ont rarement une entorse au genou ?
Oui, c’est globalement moins fréquent chez l’enfant. Les mécanismes de blessure et la structure des tissus ne sont pas les mêmes que chez l’adulte. En revanche, une douleur ou un gonflement après traumatisme doit quand même être évalué.
Le genou doit faire « clic » à chaque fois que le médecin effectue le test.
Non, un clic n’est pas attendu à chaque test. Quand un clic-clac apparaît au test de McMurray, cela peut évoquer une lésion méniscale. L’absence de clic n’exclut pas forcément une atteinte.
Si le médecin dit que le problème est une simple entorse au genou et il ne prescrit pas d’examen pour évaluer mieux le cas, le traumatisme n’est très certainement pas grave et il s’agit probablement d’une entorse légère de grade 1 ou 2.
Oui, c’est souvent l’hypothèse la plus probable. En pratique, l’examen clinique peut suffire quand le genou est stable et que les signes sont rassurants. Si les symptômes s’aggravent ou si l’instabilité apparaît, il faut reconsulter.
Le ligament croisé est endommagé par une entorse, le ménisque est également endommagé.
Pas forcément, mais cela peut arriver. Certaines blessures du genou associent ligament et ménisque, surtout en cas de torsion importante. C’est justement pour cela qu’un examen clinique complet est important.
On peut marcher, mais sans exagérer pour ne pas allonger les temps de récupération.
Oui, marcher est souvent possible si la douleur reste supportable et que le genou est stable. Il faut cependant éviter de forcer, de courir ou de pivoter trop tôt. Une reprise progressive limite le risque de prolonger la blessure.


Julie Bernard est une rédactrice expérimentée passionnée par les thématiques de la santé et du bien-être. Avec plusieurs années de pratique dans la création de contenu, elle s’engage à fournir des informations accessibles, fiables et basées sur des études scientifiques pour aider ses lecteurs à faire des choix éclairés. Julie explore des sujets variés, allant de la prévention des maladies et de la nutrition à la santé mentale et aux nouvelles avancées médicales. Elle croit en une approche éducative pour accompagner chacun dans l’amélioration de sa qualité de vie. Lorsqu’elle n’écrit pas, Julie participe à des conférences et webinaires sur les innovations en santé et bien-être. Sa mission : rendre la santé compréhensible et accessible à tous, avec une attention particulière aux conseils pratiques.